Troisième Cœur

Troisième Cœur

Manifeste

Je m'appelle Charlie, et je ne suis pas la cible de ce projet. C'est peut-être pour ça que je l'ai construit.

Il y a des espaces qui n'existent pas encore et dont certaines personnes ont besoin pour vivre. Pas pour se distraire, pas pour consommer du contenu. Pour exister. Pour trouver leurs semblables. Pour ne pas avoir à se justifier d'être ce qu'elles sont.

Troisième Cœur est né de ce constat. Et d'une rencontre.

Il y a une personne sans qui ce projet n'existerait pas. Alix. D'abord une amie. Ensuite une évidence. Ce que j'admire chez elle, c'est qu'elle n'attend pas la permission. Elle pense vite, elle voit loin, elle dit les choses, même quand ce n'est pas confortable. Surtout quand ce n'est pas confortable. On ne s'est pas associées parce qu'on était d'accord sur tout. On s'est associées parce qu'on se fait confiance. Parce qu'on veut construire quelque chose de bien et qu'on sait toutes les deux ce que ça veut dire.

Alix

Je suis non-monogame, un électron libre qui navigue au gré de mes rencontres, mais qui cherche une relation socle. Non binaire, polyA, kinky. Pour moi, cette appli est égoïste dans le bon sens : elle me permet de trouver les personnes compatibles avec ce que je suis. Mais je veux aussi que d'autres, celles et ceux qui appartiennent à une ou plusieurs de ces catégories, puissent bénéficier d'un réseau safe et bienveillant, à l'opposé de ce qui existe. Et ouvrir les portes aux curieux·ses, sans mettre en danger les communautés qui sont déjà là. Pour moi, cette application est quasiment d'intérêt public.

J'ai aussi besoin de cet espace pour moi. Pour pouvoir être moi-même sans avoir à me cacher. Avoir enfin un endroit safe, sans jugement. Pourquoi je me lance dans cette aventure avec Charlie et Baptiste ? Parce que je ne veux travailler qu'avec des personnes qui m'acceptent telle que je suis, sans jugement, et que j'apprécie pour ce qu'elles sont. Ce qui est clairement le cas pour Baptiste et Charlie, que j'ai eu l'honneur de croiser dans ma vie professionnelle au départ, et qui sont devenu·es des ami·es sincères que je porte dans mon cœur.

Il y a aussi Baptiste, notre CTO. Quelqu'un qu'on a choisi pour ce qu'il est autant que pour ce qu'il sait faire.

Baptiste

J'ai pris conscience que mes compétences de développeur pouvaient servir quelque chose qui compte vraiment. Créer des espaces numériques sûrs, inclusifs, où chacun·e peut exister et se connecter aux autres sans crainte ni jugement, me semble aujourd'hui essentiel. C'est précisément pour ça que je veux contribuer à construire une plateforme qui prend cette responsabilité au sérieux, techniquement, éthiquement, humainement.

Nos chemins vers ce projet sont différents. Moi, je ne suis pas non-monogame. Mais je sais ce que ça fait de ne pas rentrer dans le cadre. De voir son existence traitée comme une anomalie, une curiosité, un fantasme ou un problème à corriger. Je sais ce que ça coûte de chercher un endroit qui te prend comme tu es, pas malgré, pas à condition de, pas en version édulcorée. Cet endroit n'existe pas encore. Pas vraiment.

Les plateformes actuelles n'ont pas été conçues pour ça. Elles ont été conçues pour capter, extraire, vendre. Gleeden monétise la tromperie et appelle ça de la liberté. Instagram vend l'injonction à la perfection et appelle ça de l'inspiration. TikTok récompense l'outrage et appelle ça de l'engagement. Les applis de rencontre réduisent des êtres humains à une pile de photos à swiper. Et quelque part dans tout ça, les personnes qui font le choix conscient et réfléchi d'aimer autrement se retrouvent soit invisibles, soit hypersexualisées, soit les deux.

Ce n'est pas une question de niche de marché. C'est une question de dignité.

Construire 3C, c'est construire avec une conviction : les choix amoureux des adultes, dès lors qu'ils sont libres et consentis, ne regardent personne d'autre. Pas la société, pas le regard, pas l'algorithme. Ces personnes méritent une plateforme qui ne les juge pas, ne les infantilise pas, ne les exploite pas. Une plateforme qui met leur sécurité et leur intimité avant ses propres métriques.

Ça change tout, concrètement. Sur comment on conçoit les fonctionnalités, comment on traite les données, comment on modère, comment on parle aux utilisateur·ices. Ça change même comment on écoute les personnes pour qui on construit.

3C n'est pas un produit qu'on construit pour des communautés. C'est un espace qu'on construit avec elles. Nous voulons que les personnes concernées se l'approprient, le façonnent, le challengent. Ce sont elles qui savent ce dont elles ont besoin. Les fonctionnalités, les usages, les règles qui font qu'un espace devient vraiment safe : ça ne peut pas venir que de nous. Alors on construit les fondations. Le reste, on le construit ensemble. Et ça commence par les personnes qu'on choisit.

Ce projet n'a de sens que s'il est porté par des gens qui y croient vraiment. Pas par adhésion de principe. Par conviction profonde. Nous voulons travailler avec des gens qui comprennent pourquoi on fait ça. Qui n'ont pas besoin d'un code de conduite pour traiter les autres avec respect. Qui savent écouter avant de décider, dire la vérité même quand c'est difficile, rester là quand ça ne va pas vite, partager ce qu'ils savent plutôt que de le garder comme un avantage.

Il n'y a pas beaucoup de lignes rouges ici, mais elles sont absolues. La transphobie, l'homophobie, le racisme, l'antisémitisme, le sexisme, le validisme, la grossophobie, le slut-shaming : ce ne sont pas des positions avec lesquelles on peut travailler en mettant les désaccords de côté. Ce sont des incompatibilités. Pas avec nos valeurs, avec l'existence même de ce projet. On ne peut pas construire un espace sûr pour des communautés marginalisées avec des gens qui méprisent d'autres communautés marginalisées. C'est aussi simple que ça.

La pédocriminalité, le non-consentement, le harcèlement, la prédation : même chose. Sur une plateforme construite autour de la liberté et du désir, ces comportements ne sont pas des dérives à tolérer ou à gérer. Ce sont des raisons d'exclusion immédiates et définitives.

C'est dans ce refus qu'est née la société Insolente. Ce nom n'est pas un accident. L'insolence, ici, ce n'est pas de la provocation, c'est un refus. Refus de reproduire ce qui existe déjà. Refus de construire vite et mal parce que le marché l'accepterait. Refus de traiter des êtres humains comme des données. Construire autrement dans un secteur qui ne s'y attend pas, c'est ça, l'insolence by design.

Le projet qu'elle porte s'appelle Troisième Cœur. Ce nom n'est pas un hasard non plus. Aimer n'est pas une ressource limitée. Le troisième cœur, c'est celui qui s'ajoute sans en effacer un autre. Celui qui élargit. Qui fait de la place. Pas en moins. En plus.

Dans l'usage, on dit 3C. Court, instinctif, le genre de nom qui circule dans une communauté avant même d'être officiel. Le nom complet porte l'émotion. Le sigle, lui, appartient déjà à celles et ceux qui y sont. Il nous restait à mettre tout ça par écrit.

Ce manifeste n'est pas une promesse que tout sera parfait. C'est une promesse que tout sera honnête. Que les actes suivront les mots. Que si ça déraille, on le nommera. Que ce qu'on construit tiendra debout parce qu'on l'a construit avec soin, pas parce qu'on a fait semblant.

3C sera ce qu'on est. Alors autant être à la hauteur.

Charlie, Alix & Baptiste
Co-fondatrices & CTO, Troisième Cœur